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Astrologie | Histoire de l’Astrologie
Les premières manifestations connues de l’astrologie dans notre monde méditerranéen datent du VIIe s. avant notre ère, en Mésopotamie. Les thèmes ne sont pas encore individualisés, ne comportant ni ascendants ni maisons.
En Ionie naissent des doctrines mathématiques et philosophiques, dues notamment à Thalès (VIIe s. – VIe s.), à Pythagore, à Héraclite et à Hippocrate (v. 460 – v. 377) et qui préparent l’apparition de l’astrologie méditerranéenne.
En définissant les mouvements des planètes autour d’elles-mêmes et autour du Soleil, les pythagoriciens montrent combien l’unité du monde est peu tributaire de la différence entre la réalité et la perception relative de ces rotations, prouvant de façon péremptoire que le concept astrologique ne repose pas, comme le disent ses détracteurs, sur une conception inexacte de l’Univers (Terre immobile et planètes tournant autour d’elle).
On trouve trace d’une pénétration de l’influence mésopotamienne en Ionie par la présence de Bérose (v. 330 av. J.-C.) auprès de l’école d’Hippocrate. Au Ier s. av. J.-C., les Grecs utilisent la domification pour individualiser les thèmes, créant de toutes pièces l’astrologie judiciaire.
Aux colons d’Ionie succèdent Marcus Manilius (début du Ier s. apr. J.-C.), Claude Ptolémée (v. 90-t v. 168), Julius Firmicus Maternus (IVe s.), sans oublier l’empereur Septime Sévère, grand protecteur des sciences, inspirateur de la construction à Rome du Septizonium, palais de l’astrologie. De même, le calife ‘abbàsside ‘Abd Allàh al-Ma’mun (786-833) crée à Bagdad une académie astrologique, s’entoure d’illustres astrologues persans, arabes et juifs, et tente de disputer à l’empereur de Byzance la collaboration de Léon le Mathématicien. Près d’al-Ma’mûn vivent notamment le médecin arabe Abu Ma’char (IXe s.), connu sous le nom d’Albumasar, surnommé « le Prince des astrologues », et son maître, Abu Yûsuf Ya’qub ibn Ishàq al-Kindï (f v. 873), venu de Judée. C’est Albumasar qui annonça le premier la Révolution française de 1789, avant les prédictions du cardinal Pierre d’Ailly (1350-1420), légat d’Avignon, chancelier de l’Université de Paris, et celles de Nostradamus.
Louis XI (1423-1483) se montre un protecteur des recherches astrologiques, mais dans un but peut-être plus intéressé. Vers 1460, une chaire d’astrologie est créée à l’université de Cracovie. Dès 1470, son influence est très grande en Europe centrale. Parmi les astrologues formés à Cracovie figurent le maître de Nicolas Copernic, l’astronome Albert Brudzewski (1445-1497), et Copernic lui-même. Bon nombre d’entre eux se fixent auprès de rois, de grands seigneurs, de papes, tandis que les ouvrages et les calendriers polonais se répandent en Allemagne. Vers la même époque, en Allemagne, Johann Millier, plus connu sous le nom de Regiomontanus (1436-1476), auteur d’un traité de trigonométrie, crée un système de domi-fication encore utilisé aujourd’hui, en concurrence avec celui de Placidus de Tittis.
En Suisse, Theo-phrastus Bombastus von Hohenheim, dit Paracelse (1493-1541), médecin, occultiste, se consacre à l’astrologie médicale, comme l’avait fait au XIIIe s. le médecin catalan Arnaud de Villeneuve (v. 1235-1313), ami de Raymond Lulle (1233 ou 1235-1315). Cette branche de l’astrologie judiciaire, consacrée au jugement des défauts du corps, s’est d’ailleurs prolongée jusqu’à nos jours, notamment avec le docteur Henri Hunwald (1908-1961), commentateur de Paracelse et praticien de la médecine astrologique. Michel de Nostre-Dame, dit Nostradamus (1503-1566), originaire de Saint-Rémy-de-Provence, est à la fois astrologue, voyant et médecin. Ses prédictions sont contenues dans ses célèbres et mystérieuses Centuries astrologiques (1555).
Par son ascendance sémitique, il eut certainement accès à des traditions juives de grande valeur, qu’il n’a point divulguées. Assez curieusement, à la même époque, se manifeste en Annam un astrologue, Nguyên Binh Khiêm (1491-1585), connu également sous le nom de Trang Trinh, auteur de poèmes prophétiques qui permettent de le comparer à Nostradamus. Au Schleswig-Holstein, dont il est le gouverneur après son père, naît et travaille le grand astrologue Henri de Rantzau (1526-1598), célèbre aussi par ses ouvrages historiques et l’appui qu’il donne aux sciences et aux arts. Johannes Kepler donne une expression particulière à la conception de l’unité du monde, souligne les correspondances musicales des rythmes planétaires et découvre les valeurs rythmiques des aspects. Jean-Baptiste Morin, originaire de Villefranche-sur-Saône (1583-1656), peut être considéré comme l’un des chefs de file de l’astrologie moderne en raison de ses travaux sur l’interprétation de thèmes. Enfin, Henri de Boulainvilliers (1658-1722), historien, philosophe et astrologue, écrit de nombreux livres, encore consultés de nos jours. Un ralentissement des travaux marque la période allant du milieu du XVIIIe s. au milieu du XIXe.
Toutefois, le philosophe et mathématicien polonais Joseph Marie Hoene Wronski (1778-1853), sans avoir été un astrologue proprement dit, redonne vie au célèbre ternaire d’Heraclite et est, à travers les travaux de Charles Henry et de Francis Warrain, l’inspirateur du colonel Eugène Caslant (1865-1940).